SE PROJETER ET CRÉER DU « BEAU » AVEC BÉRENGÈRE

Lorsque j’ai rencontré Bérengère il y a quelques années, son parcours éclectique et sa capacité à viser l’excellence dans des domaines très variés m’ont immédiatement intriguée.

Réaliser son interview aujourd’hui apparaît donc comme une évidence !

De l’architecture à l’art, du salariat à l’entrepreneuriat, Bérengère a le goût de la projection, de la construction et de l’harmonie esthétique.


La chaîne de questions.


Une des règles du jeu du blog est que l’invité(e) du jour répond à la question posée par l’invité(e) précédent(e).


Je transmets donc à Bérengère la question de Marie :


« Comment, dans une journée de 24 heures, arbitrer entre les préoccupations utilitaristes d’une part, et l’importance de laisser leur place à l’aléa, la sérendipité, le hasard, la fraîcheur et le chaos d’autre part ? Comment faire en sorte que la gestion du temps ne soit pas une sorte de bataille ? »


Question d’une rare densité que Bérengère aborde avec un grand pragmatisme : « Je ne me fixe qu’une ou deux missions importantes par jour. Si j’ai un rendez-vous, la priorité est donnée à ce dernier. Tout le reste du temps reste ouvert aux aléas. En fin de journée, ce sont donc deux objectifs réalisables qui ont été atteints ». Pour ajouter un peu de panache, Bérengère nomme d’ailleurs ces objectifs des « succès » !


Je pose à Bérengère la question rituelle :

Aujourd’hui, dans ta vie professionnelle, es-tu plutôt ?

A/ Sur une autoroute

B/ A un carrefour

C/ En train de tourner autour d’un rond-point sans savoir quelle sortie prendre

D/ En pleine étude de marché pour t’acheter un GPS


=> La réponse fuse : « sur une autoroute » !


Entrons dans le vif du sujet !


Aujourd’hui Bérengère est à la tête de son entreprise et accompagne les particuliers qui souhaitent se constituer un patrimoine immobilier locatif. Elle les accompagne sur toute la chaîne de valeur, en ayant recours à des expertises complémentaires (prospection, valorisation, location).


Bérengère, connaissais-tu l’existence de ce métier quand tu étais enfant ?


« Non, d’ailleurs ce métier n’existait pas en tant que tel, mais plutôt par segments ».


Quel métier voulais tu exercer quand tu étais enfant ? Pourquoi ?


« Archéologue ou reporter de guerre, pour l’aventure, l’héroïsme, les grandes causes ».


Est-ce que tu retrouves ces dimensions dans ta vie professionnelle actuelle ?


« Oui, car de nombreux éléments de cette vie professionnelle entrepreneuriale s’articulent autour du chantier, de la construction, et de la valorisation ».


Bérengère nous invite à revisiter le début de son parcours professionnel et ses premières passions.


« J’ai achevé mon cursus universitaire par une formation en architecture sur la réhabilitation du patrimoine au Moyen Orient. J’étais, et je reste, passionnée par les châteaux du désert, les villes chaotiques et leurs peuples qui vivent, luttent, reconstruisent. »


Bérengère s’attarde un instant sur Beyrouth, qu’elle connaît bien et qui illustre parfaitement son propos.


« Ce qui m’a toujours stimulée, c’est le chantier, pouvoir se projeter sur une reconstruction, faire du beau. »


Ce moteur puissant se retrouve donc aujourd’hui au cœur de sa vie professionnelle. Dénicher, rénover et valoriser un bien immobilier permettent à Bérengère de combler et nourrir son goût pour l’architecture, l’immobilier et l’art.


La valorisation de ce travail réside aussi dans le partage de cette satisfaction avec les clients. « Il est grisant de voir des clients heureux, excités par leur projet, quel que soit le budget investi. Mon rôle est aussi de rassurer, guider, tout en laissant toujours le choix. »


Dans ton métier actuel quels sont les 3 éléments principaux qui te font vibrer ?


🔹La satisfaction, l’enthousiasme des clients, l’écho émotionnel qui se fait jour quand ils voient leur projet se dessiner.

🔹La vie de chantier.

🔹La liberté, le libre arbitre.


Si Bérengère devait noter sa situation professionnelle actuelle entre 1 et 10


« Alors ce serait un 8/10 », et dans un an elle espère un 10/10 grâce à une rémunération plus constante et solide.


Comment en es-tu arrivée à ta situation professionnelle actuelle ? Est-ce que ça s’est fait de manière évidente et linéaire ou est-ce le fruit de réels choix ? As-tu souvenir de réels moments charnières te menant à cette situation professionnelle ? Comment, selon quels critères, t’es-tu orientée dans ces moments là ?


Bérengère revient sur son parcours, et sur la manière dont les différentes pièces du puzzle se sont assemblées : l’architecture, l’immobilier, l’investissement, l’entrepreneuriat.


Alors qu’elle achève son parcours universitaire par un DESS sur la réhabilitation du patrimoine au Moyen-Orient, Bérengère voit naître une passion qui l’habite encore aujourd’hui pour l’architecture et le patrimoine du Moyen-Orient. Elle a alors l’opportunité de réaliser ses premières missions de terrain en Egypte et en Jordanie. Elle rencontre aussi des architectes d’horizons variés et aux profils très internationaux avec lesquels elle collabore encore aujourd’hui.


Néanmoins Bérengère se sent souvent spectatrice de ces terrains accidentés et ces terres lointaines où il lui semble parfois difficile de construire un avenir serein.


Sa connaissance du Moyen-Orient reste le fil rouge de plusieurs phases de sa vie professionnelle.


Bérengère exerce un temps en tant que conférencière spécialiste du Moyen-Orient.

Dans un tout autre registre, elle est pressentie pour une mission à Dubaï pour le compte d’une grande banque d’affaires américaine. Sur place elle sera finalement repérée et recrutée par un groupe immobilier émirati.


L’immobilier s’ajoute de manière plus marquée au panel de compétences et d’expertises que Bérengère va continuer à déployer au fil du temps. Il s’agit ici de l’immobilier comme une profession.

Dans sa vie personnelle, Bérengère réalise aussi des investissements immobiliers. Et elle commence relativement jeune, sur les conseils d’une courtière. En effet, les tournants dans la vie ne sont pas seulement dûs à des événements marquants ou des choix, mais aussi à des rencontres. Cette femme montre la voie de l’investissement à Bérengère, alors que ce n’est pas une pratique courante dans sa culture familiale. Elle lui prouve qu’il est possible d’investir avec un salaire et une épargne de jeune actif.


Finalement, assez récemment et en pleine crise sanitaire, l’entourage de Bérengère la sollicite et lui demande : « ce que tu as fait à titre personnel en matière d’investissement, pourrais-tu le répliquer et le réaliser pour moi ? ». Bérengère saute le pas, après avoir travaillé plusieurs années auprès de dirigeant(e)s de grands groupes de l’art et du luxe. Elle se lance dans l’entrepreneuriat et propose des prestations d’investissements immobiliers sur mesure à des clients désireux de se constituer un patrimoine locatif. La chance lui sourit et elle mène également une opération immobilière d’envergure qui nécessite d’y consacrer un temps plein.


Avec le recul, Bérengère réalise qu’elle a toujours aimé « le terrain, le bâti ». Son goût pour l’excellence a quant à lui mûri au fil des rencontres avec des personnes « extrêmement charismatiques, voire caractérielles, et très exigeantes ».


A ce jour, les différentes orientations prises par Bérengère dans sa vie professionnelle s’articulent souvent autour de la notion de progrès. « Avoir mieux, dans un contexte le plus international possible, viser la nouveauté, assouvir sa curiosité, rechercher des missions valorisantes ». Pour toutes ces raisons, créer son entreprise est une évidence et lui permet de déployer son caractère enthousiaste et son esprit indépendant.


Est-ce que certaines personnes t’ont influencée, aidée, guidée ?


« Oui ! La courtière, dont nous avons parlé précédemment, qui m’a montré la voie de l’investissement immobilier très jeune ».


« Ensuite ma patronne qui m’a placée chez Morgan Stanley, Jocelyne Faruch, quia créé sa société à la quarantaine, ou encore Abdul Wahad al Halabi à Dubaï ont été des modèles d’audace, de réussite et de gentillesse. Les rencontres inspirantes sont multiples et je remarque que nos choix sont souvent régis par une question de posture ».


« Mes amies, qui sont non seulement des dames de cœur mais également des personnes ultra compétentes, des pointures internationales dans leurs métiers ».


« Benoît, mon conjoint, que j’admire pour sa réussite professionnelle, son cartésianisme et sa droiture ».


Que voudrais tu dire à la personne que tu étais à l’époque pour la guider dans ces moments charnières ?


« Je lui dirais qu’entreprendre c’est mettre de la passion dans le travail, mais c’est avant tout y mettre des chiffres ».


Bérengère se réfère alors à la galerie d’art qu’elle dirigeait il y a quelques années, et qu’elle n’ouvrirait probablement pas aujourd’hui dans les mêmes conditions, ou bien éventuellement en guise de hobby.


« Je dirais à la personne que j’étais à l’époque de garder la tête froide et d’établir des objectifs chiffrés, des projections commerciales et financières, une feuille de route, un discours clair et audible. C’est uniquement grâce à ce regard et à ce plan d’action avisés que ses passions pourront vivre ».


« Je lui dirais aussi : commence maintenant ! Pourquoi n’as-tu pas créé plus tôt ton entreprise ? ».


Après s’être beaucoup oubliée dans certains de ses postes précédents, Bérengère reconnaît que la conviction de son entourage et de son entrepreneur de mari a été primordiale pour sauter le pas de l’entrepreneuriat et « commencer maintenant » !


Est-ce que tu es à la croisée des chemins en ce moment ?


« Oui, ou plutôt juste après un carrefour.

Maintenant ça part, ça décolle !

Juste avant, il y avait le lancement, la question de savoir si l’offre de services allait rencontrer sa cible.

Et juste après, beaucoup de questions encore en suspens certes, mais qui suscitent un réel enthousiasme ! »


Que voudrais-tu ajouter / changer / renouveler dans ta situation professionnelle actuelle ?


Bérengère ne se pose pas encore cette question en ces termes. Actuellement elle vit une phase de « construction entrepreneuriale et n’a pas réellement atteint un rythme de croisière ». Aujourd’hui « je suis mon propre produit, j’incarne totalement mon offre, je fais tout. C’est super pour la liberté et le confort de travail que cela m’offre ! J'aborderais peut-être un jour des questions qui tournent autour du développement (m’intéresser à de nouvelles villes, grossir, avoir des salariés) mais pas tout de suite ».


Quel est ton pari pour l’avenir ? Quelle route vas-tu prendre à ton avis ?


Bérengère prend plusieurs paris !

« Avant tout, maintenir ma qualité de service en augmentant les objectifs, avoir de la constance et évoluer sur de nouveaux marchés d’ici 2 ans. J’aime provoquer un effet Waouh chez mes clients, par la qualité des opérations faites. J’achète pour eux comme pour moi ».

« Sans cesse intégrer de la modernité comme le digital dans le suivi de projets pour les clients ».


Qu’emportes-tu dans ton sac pour y aller ?


« De l’ultra organisation, de la priorisation, une attention très qualitative portée aux clients et aux projets, et mes fins conseillers ».


La boussole de tous les aventuriers indique le Nord. Et la tienne ? Autrement dit : quelle est la valeur fondamentale à laquelle tu ne veux pas déroger ?


« La loyauté, la transparence, être ultra honnête avec mes clients. J’ai envie de pouvoir dormir tranquille, d’être légère et sereine ».


Et pour finir : 1 mot, 1 photo


Si Bérengère laissait un message sur un petit caillou blanc sur le sentier pour les prochains voyageurs, elle écrirait dessus :


« Quel est le caillou dans ta chaussure ? Il faut absolument l’ôter, avant de commencer ta course ».


L’image qui inspire Bérengère est cette villa à Taormina, aujourd’hui transformée en hôtel, qui illustre pleinement sa sérénité dans son activité professionnelle actuelle.


« Cette villa, c’est d’abord le beau pour toute morale. C’est ensuite le symbole de la dolce vita, de la plénitude, de la vie heureuse que doivent nous procurer notre travail et de bons investissements ! »