• Vanina Lanfranchi

LE COACHING EN ENTREPRISE, ON EN PARLE ?

Mise en situation avec Mme Kidoute et Mr Kontendlui.

Toute ressemblance avec des personnages …


Mme Kidoute et Mr Kontendlui sont à un colloque professionnel très sérieux et profitent de la pause pour parler « coaching ».


Mr Kontendlui : « Tu savais toi que Bigboss avait un coach ? »


Mme Kidoute : « Oui bien sûr, pour développer ses compétences managériales, mais il ne veut pas que ça se sache ».


« C’est normal, c’est quand même un aveu de faiblesse. Tu vois, moi le management je trouve que c’est la clé de tout. J’apporte des chouquettes toutes les semaines pour l’ambiance, et avec les RH on a développé une interface hyper complète d’évaluation des performances ! Bon le turnover est important c’est vrai, mais ça c’est surtout parce que les jeunes, enfin tu sais les millenials, ils ont la bougeotte, aucune fidélité à l’entreprise ».


« En plus j’ai l’impression qu’ils ont toujours des états d’âme. Ils me parlent de sens alors qu’on a mis en place une politique « développement durable » au niveau du groupe, avec des données et des reportings trimestriels, dans lesquels ils sont impliqués. En fait je me rends compte que je ne sais pas ce que signifie « le sens » pour eux. J’ai le sentiment qu’on était moins compliqués quand même. Ils devraient probablement voir des psys. »


« Là on sort du domaine professionnel, puis on est pas leurs parents. Pour resserrer les liens je préfère un séminaire bien sympa. D’ailleurs j’en organise souvent parce que j’ai remarqué que l’effet s’estompait vite, probablement à cause de la charge de travail, des urgences, on est souvent sous l’eau... »


« On est noyés sous le boulot, jamais le temps de prendre de la hauteur. D’ailleurs ça concerne tout le monde, pas seulement les millenials. Tu vois la semaine dernière j’ai un collaborateur qui doit avoir 45-50 ans qui s’est mis à pleurer puis est parti en claquant la porte. J’étais complètement sonnée, je ne savais plus quoi faire. J’ai juste dit à l’assistant de prendre rendez-vous auprès de la médecine du travail. Après il a été arrêté et je n’en ai plus parlé, je ne préfère pas saper le moral des troupes. Une personne de l’équipe m’a soufflé l’idée du coaching collectif, mais j’ai peur. On entend tellement de choses … Si on tombait sur un gourou la réputation du service en prendrait un coup. D’ailleurs je ne sais pas vraiment comment ça se passe un coaching. S’il faut raconter sa vie, non merci, on est pas des amis ou une famille ! »


« Moi non plus je ne sais pas vraiment comment ça se passe, mais franchement j’y crois pas. On est au boulot pour bosser non ? En revanche ta peur du gourou, je la comprends. Une fois on a fait appel à un consultant, il nous a déroulé sa méthode en 10 points, ça filait droit, mais le nombre de démissions a explosé dans les 6 mois suivants. Il faut dire que souvent les gens sont résistants au changement, pas très agiles ».


« Si tu as déjà croisé un gourou, est-ce que tu pourrais les reconnaître à l’avenir ? »


« Ah oui ! Il était très charismatique et adoptait un ton péremptoire. Il ne nous a jamais demandé comment on travaillait avant sa venue. Alors c’est vrai tout n’est pas parfait dans le service mais tout n’est pas à jeter non plus. Et puis si on n'est pas capables de suivre les nouvelles méthodes apprises au-delà de 6 mois sans être guidés en permanence, c’est pas très gratifiant. En plus ça coûte cher ! »


« Je vois, très intéressant ce retour d’expérience. Je pense qu’avant de faire appel à un prestataire il faut bien identifier en amont nos besoins (psys si les questionnements relèvent de la sphère privée, formateurs pour recevoir des enseignements sur des thématiques bien particulières, coachs d’équipes ou individuels pour nous accompagner vers la réalisation de nos propres objectifs).


« Oui. Et moi qui ai longtemps bossé dans le juridique, j’ai acquis certains réflexes. Déjà, avant d’avoir recours à un prestataire, toujours prendre ses références, lui demander quel est son parcours ou ses certifications, s’il adhère à une Charte de Déontologie et une association représentative de sa profession, et bien sûr lui demander un modèle de son contrat type. Ca permet déjà de faire un premier filtre. »


« Ensuite, concernant les tarifs, il doit être possible de trouver des éléments de comparaison. Tiens cet après-midi je demande à mes ami(e)s dirigeants et DRH. Mais j’y pense, il existe aussi probablement des annuaires de coachs référencés ? Je vais aussi interroger nos collègues anglo-saxons, le coaching est complètement rentré dans les mœurs chez eux. »


« Si tu veux, fais tes recherches et tu me tiendras au courant. Je reste sceptique quant à cette histoire de coachs. Je ne suis pas convaincu de leur utilité et à mon âge, on ne change plus. J’ai déjà toute la confiance de mes équipes, ma porte est toujours ouverte, et puis les vacances arrivent à grands pas ça va remettre les compteurs à zéro ! A propos de vacances on n’a pas parlé de régime de printemps, pourtant j’aurais bien besoin d’un coach pour ça ! »


« Je ne ferai pas de commentaires mais je crois que tu es hors sujet, nous parlions de coaching professionnel.»


« Ah oui… Pour conclure, il y a des bons et des mauvais coachs, comme dans toutes les professions. »


« Moi j’ai envie de trouver les bons, cette discussion m’a re-boostée ! J’ai déjà l’impression d’être engagée dans un processus super dynamique que j’ai envie de partager avec mon équipe. Je suis sûre qu’on a plein de ressources, il nous suffit juste d’un coup de pouce et de quelqu’un qui nous accompagne pour nous poser les bonnes questions (ou des questions tout court) et nous cadrer pendant notre parcours.

Je te tiendrai au courant comme tu dis. Rendez-vous l’année prochaine à ce même colloque, chiffres à l’appui : turnover, productivité, qualité des échanges, qualité de vie aussi soyons fous ! »



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